Septembre c’est la rentrée !
Septembre sonne la fin des vacances et la reprise académique. Cette rentrée est synonyme pour les parents comme pour les étudiants d’un retour à un rythme intense et d’une réorganisation du quotidien. Pour les premiers cela se traduit par un manque de temps alloué aux courses et pour les seconds la découverte ou la gestion d’un budget alimentaire.
Pour les enfants de la crèche à l’école primaire, à partir de 16h c’est l’heure du goûter. Depuis 2004, la collation de dix heures a été supprimée. Elle avait été mise en place pour lutter contre la malnutrition et les carences dans les années 50. Mais, un demi siècle après, elle constituait un apport énergétique excessif chez des enfants qui, pour la majorité, arrivent à l’école après avoir petit-déjeuné1. Le goûter, que ce soit à l’école ou à la maison, permet aux enfants de tenir entre le déjeuner et le dîner.
Le problème n’étant pas de donner un goûter mais quel goûter ?
La restauration scolaire est sous l’égide de la loi EGAlim qui préconise de manger des produits frais, locaux de saison et au moins 50% d’aliments issus de l’agriculture biologique2. Cette loi agit en parallèle du Programme National de Nutrition et de Santé3 et participe à privilégier les produits frais (fruits, pain complet, laitage, etc) avec un faible degré de transformation ou un faible score nutriscore4. Qu’il s’agisse des tout-petits en crèche ou des élèves dont le goûter périscolaire est pris en charge par la municipalité, ces recommandations sont appliquées.
Toutefois une partie des enfants ne prennent pas la collation à l’école ou à la crèche et sont tributaires des courses réalisées par les parents.
C’est donc là que la vigilance s’impose. Le goûter et de manière plus générale, l’alimentation des enfants est source de beaucoup de questions et d’inquiétudes. Des questions fondées car certains aliments qui possèdent un bon nutriscore (A ou B) ont en réalité un degré de transformation élevé. De plus, le marketing alimentaire sur les aliments ultra-transformés est omniprésent dans les magasins où quasiment 50% des produits proposés en grandes surfaces sont ultra-transformés5 et cible particulièrement les enfants : des mascottes que l’on voit dans les publicités et que l’on retrouve dans les magasins, des produits à hauteur d’enfants, etc6,7.
La rentrée concerne aussi les étudiants, population en première ligne de la précarité alimentaire. Pour beaucoup, le passage à l’université est accompagné d’un éloignement géographique du foyer familial, de devoir gérer un budget pour la première fois et également d’apprendre à cuisiner.
Quels aliments privilégier quand on découvre la cuisine et la gestion de son alimentation ?
Les produits frais ont un coût non négligeable, le rapport SOFI de la FAO définit le prix moyen d’un repas sain et les produits d’origine animale, les fruits et les légumes correspondent à 70% de la dépense8.
Il est donc compliqué de savoir quoi acheter sur un budget alimentaire serré, parfois couplé à un manque d’infrastructure pour cuisiner, le choix des aliments ultra-transformés avec ou non un nutriscore élevé devient plus évident.
Comme pour les goûters, les plats préparés ou les barres de céréales sont pratiques à consommer, souvent moins coûteux qu’un dîner ou petit déjeuner et peuvent avoir un bon nutriscore.
Le Nutri-Score est calculé sur une portion 100 g d’aliment et établit un score en soustrayant aux nutriments à limiter (calories, sucres, acides gras saturés, sel) la part des composants bénéfiques (fibres, protéines, fruits, légumes, légumineuses). La note finale, va de -15 à plus de 20, est convertie en une lettre de A à E pour refléter la qualité nutritionnelle globale du produit. Mais ce calcul omet le degré de transformation qui lui peut être néfaste pour la santé9.


Le degré de transformation d’un aliment est calculé différemment. Il est issu de la classification NOVA développé par Carlos Monteiro et son équipe10 et classe les aliments en 4 groupes :
- Le groupe 1 correspond aux aliments non transformés ou très peu transformés : les parties comestibles des plantes (graines, tiges, feuilles, etc) et des animaux (lait, muscles, œufs, etc).
- Le groupe 2 correspond aux ingrédients culinaires transformés : le sel, les huiles, le beurre, le sucre, etc.
- Le groupe 3 correspond aux aliments transformés : on y trouve les légumes en conserve, les fruits en sirops, les soupes des poissons. Ce sont principalement des aliments du groupe 1 transformés et auxquels on a ajouté des ingrédients du groupe 2 pour augmenter leur conservation.
- Le groupe 4 regroupe les aliments ultra-transformés parmi lesquels on trouve les boissons gazeuses, les collations emballées, les viandes reconstituées, etc. Ce sont des aliments qui ont subi plusieurs degrés de transformations pour augmenter leur conservation, leur goût et leur facilité de consommation11.
L’aliment ultra-transformé est conçu pour satisfaire le plaisir hédonique avec une balance parfaite des saveurs (sucré, salé, amer, etc) mais est également développé pour n’induire qu’une satiété (sensation de ne plus avoir faim) partielle et pousse donc à se nourrir plus fréquemment. Cela est travaillé en parallèle d’un moyen pratique de consommation : possibilité de le manger devant ses cours ou la télé après quelques minutes au four à micro-ondes, snacking de barres céréales dites saines pendant les révisions pour se redonner de la motivation.


Ces méthodes de consommation rapide et pratique participent à une perte de la notion de repas et à la popularisation de ces aliments. Or, le problème réside ailleurs, de plus en plus d’études scientifiques mettent en évidence la forte corrélation entre les aliments ultra-transformés et/ou avec un mauvais nutriscore et l’augmentation de la prévalence de l’obésité et d’autres maladies non transmissibles provoquées par l’alimentation12,13.
L’apparition de ces maladies non transmissibles à des âges précoces (enfance et début de la vie adulte) est à double tranchant. L’apparition de l’obésité dès l’enfance ou chez le jeune adulte est d’autant plus préoccupante qu’elle s’accompagne souvent d’un cortège de troubles métaboliques, installant des pathologies chroniques lourdes à des âges de plus en plus précoces.
L’alimentation est l’affaire de tous.tes et a un impact direct sur notre santé. Cependant, lorsque l’on veut agir à notre échelle, l’information peut être difficile à trouver et explorer toutes les valeurs nutritionnelles au dos des aliments peut être fastidieux.
Open Food Facts permet en scannant le code-barre d’avoir ces informations rapidement et les enregistre pour la fois d’après. Il ne s’agit pas de condamner les consommateurices des aliments avec nutriscore élevé ou à fort degré de transformation mais simplement de rendre plus transparent ce que nous consommons et de reprendre partiellement le contrôle de notre assiette.
Voici quelques ressources pouvant aussi aider :
- Manger Mieux14, est une démarche de MangerBouger qui participe à promouvoir une alimentation saine et durable pour tous·tes : https://www.mangerbouger.fr/manger-mieux
- OptiCourses15 est un programme développé par l’INRAE, qui permet à des personnes avec budget alimentaire limité de faire les courses de manière raisonnée à travers des ateliers : https://www.opticourses.org/
- #Bien manger16 sur etudiant.gouv est le site du CROUS qui permet aux étudiants de bien se nourrir avec un petit budget : https://www.etudiant.gouv.fr/fr/bien-manger

🖋️ Article rédigé par Alice Rolland: « Chercheuse de formation (passée par l’INRAE et Paris-Saclay), j’ai passé ces dernières années à explorer le microbiote, la nutrition et les liens entre santé publique et environnement. À force d’éplucher des données scientifiques, l’envie de m’investir dans le milieu associatif s’est imposée. Donner à chacun·e un accès libre, clair et rigoureux aux données de ce qu’iel consomme est un outil incroyable en ces temps ultra-transformés. »
Bibliographie :
(2) ma cantine. https://ma-cantine.agriculture.gouv.fr/blog/25/ (accessed 2026-09-13)
(8) The State of Food Security and Nutrition in the World 2026. https://doi.org/10.4060/cd8306en
(15) La mallette. Opticourses®. https://www.opticourses.org/la-mallette/ (accessed 2026-09-20)
(16) Bien manger | Étudiant.gouv. https://www.etudiant.gouv.fr/fr/bien-manger (accessed 2026-09-20)
